
Pour changer la journee commence par une montee. Ici ? en Equateur ? c est bizarre...Apres 14 km asphaltes, nous atteignons le village de Malacatos et sa jolie eglise aux coupoles bleu ciel. Bleu ciel, c est d ailleurs la couleur du ciel, ca change un peu et ca fait du bien.
Pour rejoindre Macara et la frontiere, nous decidons de ne pas repasser par Loja, donc d eviter la Panamericaine et de passer par la route secondaire via Gonzanama, Cariamanga... La piste terreuse nous fait vite oublier le bitume. Que cette partie de l Equateur est belle ! Les tons ocres du sol se melent au bleu du ciel et au vert de la vegetation, deci dela des vallees, des collines, des rivieres, de nouvelles pistes... A cela ajoutons les papillons et les libellules qui nous accompagnent dans cette horrible montee (16 km) ainsi que les majestueux condors ! Arrives a Gonzanama, l effort que nous avons deja fourni est erintant (45 km - 1600m de denivele - 30 degres). Mais il faut encore monter. Alors on grimpe, on grimpe...en silence.
Arrive au col, je rencontre Jose, la quarantaine, le regard compatissant pour l effort fourni. On discute, enfin, il discute, je baragouine mes quelques mots d espagnol. On s impatise, il me dit qu il va a Cariamanga. Cariamanga ? c est la que nous devons etre ce soir et c est a 45 km. Une occasion comme celle ci ne se representera pas ! "et dit moi mon ptit Jose, tu peux nous y emmener ?" "bien sur" "et sin pagar, gratis (sans payer, gratuitement) ?" "ok". Je jubile interieurement. Yannos arrive quelques minutes plus tard, rince. Il comprend a peine que je viens de negocier un camion. On charge finalement les velos dans la benne et c est parti pour 45 km de camion a califourchon sur des fut de 100 L de sucre de canne ! ca sent bon... Nous avons le sourire jusqu aux oreilles tellement la balade est epique et sympathique. A Cariamanga, nous trouvons un hotel tres rapidement. A la reception, ils ne comprennent pas pourquoi nous voulons mettre les velos dans la chambre alors qu ils nous proposent un garage. Je leur explique que nos velos sont comme nos femmes : tout le monde se marre, l ambiance est detendue. |